FLAGELLATION DU CHRIST

Pere Crusells est né à Barcelone en 1672, fils de Miquel Crusells, cordonnier, et de Magdalena. Sa formation débute en 1689 dans l’atelier du peintre Josep Vives. Il devient maître au Collège des Peintres en 1704. Il fut contemporain d’artistes tels qu’Onofre Casanoves, Bru Tramulles ou Antoni Viladomat, bien que nous n’ayons aucune information sur sa relation avec ce dernier, ni sur celles qu’il aurait pu entretenir avec les artistes étrangers arrivés à Barcelone avec l’archiduc Charles.

On considère que l’étendue picturale de son atelier couvrait trois domaines. Premièrement, les peintures de genre dévot dont la clientèle était constituée de paroisses, de couvents et d’autres organisations religieuses. Deuxièmement, les portraits dont on a connaissance grâce à son « Portrait de Dame avec attributs de Diane » du Musée National d’Art de Catalogne, signé et daté de 1725. Et enfin, le troisième domaine, la peinture en miniature de portraits, considérée comme la spécialité la plus prestigieuse offerte par son atelier. Parmi ceux-ci, on conserve le « Portrait de l’archiduc Charles » de 1708, du Musée d’Histoire de la Ville de Barcelone, de minuscules dimensions (3,5 x 2,8 cm), ainsi que l’œuvre que nous allons aborder ensuite, la « Flagellation du Christ ». C’est d’ailleurs cette dernière activité, délicate et précieuse, qui lui aurait causé la cécité dont souffrait le peintre.

La « Flagellation du Christ » est la seule œuvre à thème religieux conservée qui fait partie de la typologie des portraits en miniature. Il s’agit d’une petite plaque de cuivre (28 x 22 cm) de format elliptique, qui est de plus la seule pièce signée du Musée du Baroque, spécifiquement aux pieds de Jésus-Christ avec l’inscription « P. Crusells ». Elle a été acquise par le Musée National d’Art de Catalogne en 1992.

La pièce nous présente un moment du cycle de la Passion où Jésus est flagellé par les soldats de Pilate, quelques instants avant d’être couronné de la couronne d’épines. La scène se situe dans le Prétoire, que l’on devine grâce à l’architecture du fond formée par un riche portail aperçu derrière des tentures. Au milieu de la composition, la basse colonne à laquelle le Christ apparaît ligoté par des cordes, presque nu, le corps en torsion et le regard tourné vers le ciel où l’on observe des anges chérubins pleurant inconsolablement. Pendant ce temps, deux soldats lui frappent le dos. L’un d’eux porte un faisceau de verges et est caractérisé en Hercule, car il porte une peau de lion, et le second, vêtu d’une armure et d’un casque, frappe le Christ avec un fouet. Le personnage de droite nous annonce ce qui se passera ensuite, car, protégé par des gants, il est en train de confectionner la couronne d’épines qui sera ensuite placée sur la tête du Christ. Au premier plan, on observe les verges qui ont sauté du faisceau du bourreau en raison de la virulence des coups.

Selon Bosch i Ballbona, l’œuvre dans son ensemble est riche en références à la culture artistique française de la fin du XVIIe siècle et des premières décennies du XVIIIe, ce qui rend inévitable de penser que Crusells a suivi un modèle choisi parmi la culture figurative de source française à sa disposition. Concrètement, l’auteur a identifié que Crusells s’est basé sur une gravure du Français Jean Audran qui, à son tour, se référait à une peinture d’Antoine Dieu.

La signature du peintre dénote la fierté qu’il éprouvait pour son travail, le fait qu’il était un artiste avec de l’estime de soi et qu’il profitait des commandes pour s’auto-affirmer. Cette pièce éloquente, singulière par son format et remarquable par la faible quantité d’œuvres conservées du peintre, permet en outre d’évoquer les voies de création de l’art catalan du XVIIIe siècle et sa relation avec la peinture française de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe.


BIBLIOGRAPHIE : Bosch i Ballbona, Joan (1994). Retrobament amb Pere Crusells (1672-cap a 1742): la placa de la Flagel·lació de Crist, Butlletí MNAC, 2, Museu Nacional d’Art de Catalunya.

Fontbona, Francesc (1995). Pere Crusells i la Vinguda de l’Esperit Sant, Butlletí de la Reial Academia de Belles Arts de Sant Jordi, IX.

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